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Le lycée des métiers de l'agriculture, l'horticulture et du paysage

1985

En 1985, Monsieur Bougerolle, Directeur du Lycée, voit la possibilité de réaliser un de ses objectifs essentiels : mise en place d’une exploitation agricole traditionnelle annexée au Lycée.
Un domaine appartenant à Monsieur Durin est en vente près de Commentry, 80 ha d’un seul tenant, avec, notamment, une stabulation libre de structure en bois de 1 400 m2 et d’anciens bâtiments situés aux deux extrémités du domaine. Le matériel est sommaire et ancien.
Le domaine est alors acheté et Monsieur Magnière André, ouvrier agricole déjà en place, est embauché par le lycée.
Pour produire, il faut maintenant des animaux mais pas n’importe quoi. Coup de chance, un troupeau d’une vingtaine de vaches charolaises inscrites se libère chez M Couraud, résidant sur la commune de La Chapelaude. Cela n’est pas suffisant. Une deuxième partie de troupeau, composée de vaches non inscrites, est achetée à M Guilhin, demeurant sur la commune de Saint-Victor. Avec 40 vaches et 80 ha, la production peut commencer.

 

 

1986-1992

Installer une structure moderne et performante

Durant les premières années de fonctionnement, trois actions sont menées simultanément :
- Aménager un parcellaire régulier, productif et adapté à la région. C’est à dire, en respectant le milieu bocagé, avec des surfaces importantes qui permettent de mécaniser et de faire pâturer des troupeaux conséquents.
- Constituer un troupeau bovin charolais inscrit et d’une taille adaptée à la surface disponible. Avoir une production élevée grâce à la génétique, tout en gardant un chargement faible proche de 1 UGB/ha de SFP (assurer une autonomie alimentaire pour le troupeau).
- Développer la mécanisation et l’aménagement des bâtiments pour un travail dans de bonnes conditions, mais aussi assurer le bon accueil des élèves.

Durant les années 86 et 87, le travail dominant des personnels, des élèves et de l'ouvrier de l’exploitation est constitué de coupes d’arbres, d’arrachage de haies et de broyage de taillis : obtenir des parcelles de prairies de taille intéressante (3 à 5 ha) pour toutes celles en propriété non remembrées se trouvant sur la commune de Larequille. Ce fut un véritable travail de défriche et de mise en production du parcellaire.

En même temps, le troupeau est augmenté par croît interne. La trésorerie est faible par le manque de vente, bien que celles-ci soient à un prix élevé. Les premiers veaux sont vendus en reproducteurs ou engraissés.En 1988, un premier palier est franchi par l’agrandissement de l’exploitation, avec la location des terrains du Tillou, exploités par Monsieur Gay qui prend sa retraite.

Simultanément, un investissement important avec emprunt est réalisé : achat de vaches gestantes à Monsieur Buvat, d’un tracteur, de matériel de fenaison et d’une remorque distributrice pour l’ensilage de maïs.

 

 

La conduite des productions évolue avec l’utilisation pour la première fois de l’enrubannage, en collaboration avec la CUMA de Chaumier, dont l’exploitation devient partenaire. L’exploitation compte alors 145 ha, 62 vaches allaitantes et leur suite.
Au 1er janvier 91, Monsieur Magnière prend sa retraite et est remplacé par Monsieur Ribière qui occupe le logement tout neuf de la Chevantière, ancienne maison du domaine rénovée par la région.

L’équipement se poursuit, une caméra de vidéo surveillance est installée dans la stabulation des vaches allaitantes. Une petite stabulation est construite aux Brandes des forges et l’exploitation adhère au groupement SOCAVIAC où elle commercialise encore aujourd’hui ses animaux.

1994-1995

Une production avicole de courte durée

Dès 1989, dans le souci d’étoffer les formations, un projet d’installation d’un atelier avicole est soumis au conseil d’administration.

Le développement de l’exploitation demande d’autres investissements et le projet n’est pas concrétisé. Il est cependant relancé en 1991. Un dossier solide est présenté au conseil d’administration présidé par Monsieur Maupoil.

La filière, notamment, le groupe Bourgoin et la profession, soutiennent le projet qui est adopté. Le plan de financement initial est constitué d’un emprunt de 500.000 francs, d’une aide de la région de 300.000 francs et d’une aide de la filière de 100.000 francs.

En 1992, le permis de construire est déposé et l’enquête publique débute. La mairie de Commentry émet un avis défavorable et le préfet repousse la décision d’autorisation d’exploiter au 30 décembre 1992.

Après une nouvelle étude, l’accord devient définitif pour une structure de 1200 m2 ne dépassant pas 20.000 poulets standards par bandes.

 

L’appel d’offres est lancé. Il est concluant et les travaux s’effectuent début 1993. L’avancement est rapide. Pour l’inauguration, Monsieur Bougerolle et tout le personnel du lycée accueillent les principaux acteurs du projet : M Maupoil, M Barraux, Mlle Bourgoin et bien d’autres.
Début 1994, les poulets occupent leurs locaux. Madame Ribière est embauchée à temps partiel pour assurer le travail et la surveillance du poulailler. Durant cette année, 6 bandes seront produites avec des niveaux de résultats intéressants.
En 1995, la production ressemble à l’année 1994. Les 4 premières bandes donnent des résultats satisfaisants, malgré la baisse des cours.
C’est alors, que survient un tragique accident le 7 septembre 1995. Tard en soirée, le poulailler brûle. Monsieur et Madame Ribière logés sur place tentent d’intervenir mais le local technique explose. Les pompiers ne pensent plus qu’à éviter l’explosion de la bombonne de gaz et à empêcher l’incendie des autres bâtiments.

 

Seule la structure métallique du poulailler sera sauvée. Une décision cruciale se pose : "Doit-on reconstruire ce poulailler ?"
Le conseil d’administration de juin 1996 s’oriente vers un projet d’activité avicole dans le cadre d’une SCEA à 8 partenaires dont le lycée. Cette unité devrait être entièrement autonome pour financer l’emploi d’un ouvrier à plein temps. Ceci en intégration par les groupes BSA et THIVAT. La conjoncture défavorable et les engagements des partenaires n’ayant pas été concrétisés, le projet en restera là. Quant au poulailler, il ne sera pas reconstruit mais consolidé et aménagé pour une nouvelle affectation. Il sert aujourd’hui de stabulation pour les vaches allaitantes et il inclut une salle de produits phytosanitaires ainsi qu’une salle de classe et des vestiaires pour les élèves.

1996-2002

poursuivre l'équipement et maintenir l'équilibre économique

La PAC, mise en œuvre, conforte l’exploitation dans ses choix : système herbager valorisé par un faible chargement et une valorisation maximale de l’animal. Le parcellaire atteint 185 ha et le troupeau bovin passe à 115 vaches. Monsieur Carteron, qui a remplacé Monsieur Ribière en début d’année 1996, est un ouvrier qui correspond par ses aspirations à l’orientation de la ferme. Passionné d'élevage et de sélection, il participe activement à toutes les opérations de développement de la génétique (la connexion des taureaux, le bilan génétique, les participations au concours et l’utilisation de l’Insémination Artificielle). Toutes ces opérations contribuent au développement du troupeau qui voit ses ventes de reproducteurs mâles et femelles progresser régulièrement.

Durant ces années, l’exploitation dégage un résultat économique positif, même durant les périodes des crises bovines de 1996 et 1999. Ce qui, cumulé aux amortissements des équipements, permet d’assurer un autofinancement important pour le matériel et les bâtiments. Des emprunts sont cependant nécessaires : achat d’un tracteur et de matériel de fenaison en 1999.

 

 

Cette période représente également le grand chantier de la mise aux normes. Après plusieurs études, l’objectif devient d'amener sur le site de la Chevantière, le logement de tous les animaux, les équipements de stockage et de récupération des effluents. Plate-forme étanche, fumière et fosse sont réalisées. Les bâtiments se sont agrandis avec l’aménagement du poulailler, du hangar de stockage et de la stabulation pour les génisses. En 2002, la surface couverte est d’environ 3500 m2. Des haies entourent et séparent les bâtiments et des voies de circulation sont empierrées. Ainsi, le site de la Chevantière est performant.

 

2002-2006

pour une agriculture durable et raisonnée

Les nouvelles règles de conduite des exploitations agricoles, avec la prise en compte des mesures de protection de l’environnement, conviennent très bien à l’exploitation en place. Le chargement est faible (1,1 UGB/ha) et la prairie naturelle est très dominante (80% de la SAU). Les haies, les arbres et les mares sont très nombreux et laissent un aspect de bocage peu dégradé. Ainsi, toutes les conditions sont réunies pour réaliser un CTE. Cependant, lorsque l’étude faite par nos soins est terminée, le CTE disparaît. Le travail réalisé permet cependant de prendre conscience du bon fonctionnement de notre exploitation et d’établir un diagnostic agro-environnemental.
(http://www.durdat-larequille.educagri.fr/ rubrique Réalisations)
Ce diagnostic s’inscrit parfaitement dans les démarches actuelles de la PAC et de ses règles de conditionnalité.
Aujourd’hui, un audit est réalisé pour agréer l’exploitation en agriculture raisonnée. Les principaux critères sont respectés pour un agrément définitif très proche.
Peu de temps après sa création, l’exploitation participe au réseau de l'INRA de suivi des exploitations d’élevage bovins à faible chargement. Monsieur Ferrandon participe, alors, à la collecte des informations du réseau.
En 1988, se déroule, sur le domaine, la finale départementale du concours de labour organisée par les jeunes agriculteurs. La course de moissonneuses batteuses a été particulièrement appréciée. Deux autres concours de labour organisés par le CDJA suivront.
Des démonstrations et essais de réimplantation de prairies en semis direct se font en 1987, en partenariat avec la chambre d’agriculture. Plus tard, des semis sans labour de prairies temporaires seront expérimentés.
Un essai d’agroforesterie est installé en 1991 : des merisiers, châtaigniers, tulipiers et chênes d’Amérique sont plantés dans les prairies pâturées par les bovins. Malheureusement, les bovins ne sont pas très respectueux des jeunes arbres et aujourd’hui, seule une vingtaine de merisiers ont résisté.
Toutes les années, des démonstrations de matériel ont lieu : matériel de fenaison, enrubannage, distribution de l’alimentation, matériel de travail du sol, d’épandage, matériel d’élevage, d’écornage etc.… Des journées d’information technique sont également organisées en relation avec la Chambre d’Agriculture et la MSA.
C’est aussi l’occasion d’accueillir chaque année, une journée de vente de reproducteurs de la SOCAVIAC où les adhérants du groupement amènent leurs animaux. Les ventes sont souvent bien réussies, mais c’est la convivialté entre les agriculteurs, qui est remarquable.
Une nouvelle collection fourragère va être implantée en relation avec le GNIS. Une réflexion sur le recyclage des déchets est en cours.
L’exploitation actuelle et ses trois ateliers :

  • secteur espaces verts
  • secteur pépinière
  • secteur élevage

L’activité espaces verts occupe une Unité de Main d’Oeuvre temps plein avec vingt-deux contrats d’entretien à l’année et une trentaine d’interventions ponctuelles de création ou d’entretien. Dernièrement le secteur a investi dans un fourgon, une remorque, une tondeuse autoportée, un pulvérisateur et un épandeur centrifuge. Cet atelier a réalisé, en 2006, un chiffre d’affaire de 50.000 €.

 

 

 

Le secteur pépinière n’a pas tout à fait une dimension professionnelle et ne finance pas de main d’œuvre. Néanmoins, la production de plantes s’est diversifiée : plantes à massif de printemps, d’automne et quelques potagères.

Le secteur élevage reste la clé de voûte du système avec 185 ha de Surface Agricole Utile et 100 vaches suitées. L’accent est mis sur la valorisation de la génétique avec la vente d’une quinzaine de reproducteurs par an et de vaches pleines. Le secteur emploie un seul salarié.

A noter que, quotidiennement, six élèves réalisent des mini-stages dans les trois ateliers de l’exploitation, ce qui complète sa dimension pédagogique.

PELLETIER, Céline, CANAUD, Jean-François, DESIRE, Jean-François. 50 ans d'enseignement agricole en Combraille Bourbonnaise : 28 avril 2007. Lycée Agrciole de Montluçon-Larequille, 2007. p 22 à 27